Budget du Québec 2015-2016 : les cégeps forcés de couper dans les services aux étudiants

À la lumière du budget du Québec 2015-2016 déposé le 26 mars dernier par le ministre des Finances Carlos Leitão, on estime que le réseau des cégeps se verra amputer de quelque 40 millions de dollars dans l’année qui vient. Une nouvelle compression à la même hauteur que celle imposée aux collèges publics en 2014-2015 et qui vient donc s’ajouter aux coupes totalisant 109 millions qu’ont dû subir coup sur coup les cégeps depuis 2011.

C’est dire à quel point le réseau collégial public a déjà fait plus que sa juste part dans le redressement des finances publiques et dans l’atteinte du déficit zéro.

C’est aussi dire que la majorité des collèges n’ont tout simplement plus de marge de manœuvre pour absorber de nouvelles compressions. Comme l’ont déjà indiqué les présidents des conseils d’administration des cégeps dans une sortie publique en décembre dernier, les cégeps sont désormais forcés de faire eux-mêmes un déficit ou de cesser d’offrir certains services à leurs étudiants. Dois-je rappeler que ces étudiants et leur réussite sont la raison d’être des cégeps?

Voici une liste non exhaustive de services aux étudiants qui ont déjà commencé à pâtir des compressions imposées aux collèges :

  • Animation socioculturelle
  • Services de santé
  • Soutien psychosocial
  • Services adaptés aux étudiants en situation de handicap
  • Services d’aide financière aux études
  • Mobilité étudiante
  • Intégration des étudiants étrangers et issus de l’immigration
  • Activités sportives
  • Soutien à l’entrepreneuriat
  • Services en environnement et développement durable
  • Bibliothèques

J’aimerais également rappeler au gouvernement que le cégep est un investissement et non une dépense pour le Québec, comme en fait foi l’étude sur la contribution économique des cégeps produite par la firme KPMG-SECOR et dévoilée l’automne dernier. En effet, les cégeps et les centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT) rapportent près de 10 milliards par année à la société québécoise, notamment en augmentation de la productivité.

Bien sûr, le réseau collégial est conscient du contexte budgétaire et des orientations du gouvernement en matière de déficit public, mais ce dernier doit comprendre que les compressions successives imposées aux cégeps viennent affecter directement la qualité de nos services et compromettent les efforts des dernières années pour augmenter la réussite de nos étudiants. Il doit aussi comprendre que les services mentionnés ci-haut sont des éléments essentiels de cette réussite, laquelle permet au Québec d’occuper la première place au Canada pour ce qui est de l’obtention d’un diplôme postsecondaire chez les 18-24 ans.

Le Québec, aux prises avec une main-d’œuvre vieillissante, se réserve des lendemains difficiles : c’est la productivité du Québec qui à terme est en péril avec l’annonce de nouvelles compressions récurrentes sans plan de réinvestissement ni de stabilisation financière pour les cégeps.

Pour toutes ces raisons, je tire la sonnette d’alarme. Et je peux vous garantir qu’elle résonnera jusqu’à Québec, où personne ne pourra dire qu’il ne l’avait pas entendue.


Parlant de tirer la sonnette d’alarme, je salue mes confrères des cégeps de Chicoutimi, de Jonquière, de Saint-Félicien et du Collège d’Alma qui, plus tôt aujourd’hui, ont uni leurs voix pour dénoncer ces nouvelles coupes qui accentueront les effets sur les services aux étudiants dans leurs établissements.

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