Campagne électorale 2014 : la vitalité des cégeps intimement liée à celle des régions

Et voilà, c’est parti, le Québec est en campagne électorale depuis mercredi dernier. Dans les jours et les semaines qui vont suivre, les différents partis dévoileront les différents éléments de leurs plateformes électorales respectives. On sait déjà que les thèmes de l’identité et de l’économie ont toutes les chances de tenir le haut du pavé d’ici au 7 avril, jour du scrutin. Mais il ne faudrait surtout pas que la mise en avant de ces thèmes par les divers partis occulte d’autres enjeux qui sont au moins tout aussi importants pour la population québécoise, comme la santé et, bien sûr, l’éducation.

Le parti qui formera le prochain gouvernement du Québec aura donc l’obligation de prendre en compte les priorités du réseau collégial public, fort de ses 48 établissements d’enseignement supérieur répartis sur l’ensemble du territoire québécois. À ce titre, la vitalité des cégeps comme moyen de préserver celle des régions est un enjeu de première importance pour la Fédération des cégeps comme pour le Québec tout entier, un enjeu qui touche aussi bien le domaine de l’éducation que celui de l’économie.

Comme chacun sait, dans chaque région du Québec, le cégep est un lieu de formation qui ouvre l’accès aux études supérieures. C’est aussi un pôle sportif et culturel, un lieu de recherche et de transfert technologique qui contribue à l’essor des PME, et donc un acteur socioéconomique solidement enraciné dans son milieu. Or, que ce soit en raison du déclin démographique ou de l’exode des jeunes vers les grands centres, plusieurs régions seront aux prises avec une décroissance de leur population collégiale au cours des prochaines années. Cela devrait se traduire par une perte d’environ 26 500 étudiants au sein du réseau collégial d’ici 2020, selon les prévisions du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Cette situation n’est pas sans conséquence pour nombre de collèges qui, financés sur la base du nombre d’étudiants, risquent de devoir fermer certains programmes d’études par insuffisance de moyens et d’étudiants.

Toutefois, comme le dit le vieil adage, mieux vaut prévenir que guérir et certaines mesures peuvent être prises rapidement par le prochain gouvernement pour en atténuer les effets et ainsi préserver l’accessibilité aux études collégiales dans ces régions. En voici deux exemples concrets :

  • intensifier le recrutement d’étudiants internationaux en région en rétablissant le Programme de l’internationalisation de l’éducation québécoise (PIEQ) voué au soutien des démarches de recrutement d’étudiants à l’étranger ;
  • mettre en place un programme de bourses totalisant 1,5 M$ par année pour favoriser la mobilité étudiante d’environ 500 étudiants provenant des centres urbains et de l’international vers les cégeps affectés par la baisse démographique en région.

Évidemment, bien d’autres enjeux liés au réseau collégial demandent tout aussi urgemment une réflexion et des actions, notamment la stabilité financière des établissements, le financement de la formation continue, la recherche collégiale et l’encadrement de la démocratie étudiante. J’aurai l’occasion de revenir sur certains d’entre eux d’ici la fin de la présente campagne électorale.

Communiqué de presse de la Fédération des cégeps

Perspectives collégiales, mars 2014

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