Le DEC qualifiant en soins infirmiers est là pour rester

Hier matin, au Cégep de Sherbrooke, j’ai eu le plaisir de m’adresser à quelque 300 membres de la communauté enseignante dans le cadre du 29e colloque annuel de l’Association des enseignantes et enseignants en soins infirmiers des collèges du Québec. J’ai pu y réaffirmer la position de la Fédération des cégeps dans le dossier de la formation de la relève infirmière, soit celle du maintien du DEC qualifiant en soins infirmiers et de la pertinence des programmes du collégial en la matière.

Pour rappel, l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) a affirmé, dans un mémoire transmis à l’Office des professions du Québec au printemps 2012, que seules les infirmières bachelières sont en mesure de répondre à l’évolution des besoins de santé de la population du Québec et que le baccalauréat devrait être obligatoire pour exercer la profession. Or, à la suite au rapport du Groupe de travail sur la formation de la relève infirmière (rapport Durand), tant le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie que le ministre de la Santé et des Services sociaux ont confirmé la nécessité de maintenir le caractère qualifiant de la formation collégiale.

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Jean Beauchesne au 29e colloque de l’Association des enseignantes et enseignants en soins infirmiers des collèges du Québec. Crédit photo : Cégep de Sherbrooke.

Évidemment, je me réjouis de cette décision, comme je salue également l’annonce de la mise en œuvre d’une analyse prospective des tâches exercées en soins infirmiers, analyse que la Fédération des cégeps avait elle-même réclamée. Celle-ci devrait permettre de mieux définir les ajustements à apporter en matière de formation de la relève infirmière. Comme me l’ont eux-mêmes indiqué les participants de ce colloque, les enseignantes et les enseignants en soins infirmiers veulent être consultés et être partie prenante dans cette analyse.

Une chose est sûre, tous sont d’accord pour dire que les programmes de formation infirmière —du DEC au BAC en passant par le DEC-BAC — doivent suivre l’évolution des problématiques du milieu de la santé. Si quelques questions persistent parmi les enseignantes et les enseignants au sujet du DEC-BAC, notamment en ce qui a trait à la question de l’admission que tous souhaitent unique, les cégeps et leurs communautés enseignantes sont prêts à collaborer avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science pour faire évoluer autant le DEC en Soins infirmiers que la filière DEC-BAC. À ce titre, un projet pilote DEC-BAC sera bientôt amorcé entre l’Université de Montréal et deux collèges montréalaise, soit le Cégep André-Laurendeau et le Collège de Maisonneuve.

Par ailleurs, une autre préoccupation dont m’ont fait part certains enseignants et enseignantes concerne la récente remise en question, par l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec, de la mise en place par le Cégep de Sherbrooke de la simulation clinique haute-fidélité comme moyen d’apprentissage pour répondre au besoin de formation — et pour pallier la pénurie de stages — en soins infirmiers. Or, non seulement cette approche innovante est fortement appréciée les communautés étudiante et enseignante, mais les enseignantes et les enseignants tiennent à rappeler que la méthode pédagogique fait partie de leur champ de compétences, et non de celui de l’OIIQ.

Comme je l’ai encore répété hier, la Fédération des cégeps entend poursuivre ses démarches pour défendre les programmes de soins infirmiers au collégial et préserver le DEC qualifiant, pour la simple et bonne raison que ces derniers répondent aux besoins des établissements de santé et de services sociaux comme à ceux des patients, en plus de contribuer à réduire les pénuries de main-d’œuvre chez le personnel infirmier.

En terminant, j’invite les enseignantes et les enseignants en soins infirmiers à continuer à prendre la parole et à faire entendre leur voix sur la place publique, comme l’ont fait Dominique Darveau, Mado Poulin et Patricia Tremblay du Cégep de Sherbrooke dans le journal La Tribune du 10 juin.

 

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