Un cégep sur deux dans le rouge

À la veille des consultations prébudgétaires que mènera le gouvernement en vue du dépôt du budget du Québec au printemps prochain, il est bon de rappeler que plusieurs cégeps ont dû se résoudre à présenter des prévisions déficitaires pour une deuxième année d’affilée.

Plus inquiétant encore, le nombre de cégeps déficitaires a doublé dans la dernière année : alors que douze collèges ont dû accuser des déficits en 2013-2014, ils ont été vingt-quatre à devoir le faire en 2014-2015, et ce, alors même que la loi les oblige à atteindre l’équilibre budgétaire.

Retournez cela comme vous le voulez : la moitié des cégeps est aujourd’hui dans le rouge.

Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous en arrivons à ce constat. D’ailleurs, pour faire face aux nombreuses compressions imposées par le gouvernement du Québec ces dernières années, et après avoir réduit au minimum leurs dépenses associées à l’administration, la plupart des cégeps ont dû couper là où les choix budgétaires assuraient des économies à court terme : aide à l’apprentissage, activités sportives et socioculturelles, assistance technique pour les travaux pratiques, service d’aide pédagogique individuelle, soutien psychosocial aux étudiants, heures d’ouverture des bibliothèques, etc.

Il est temps de reconnaître que la contribution du réseau collégial public à l’atteinte de l’équilibre budgétaire pour le Québec a été soutenue et significative, mais non sans conséquence. Un réinvestissement dans le réseau collégial public québécois doublé d’une planification financière à long terme s’avère aujourd’hui nécessaire pour ne pas affecter plus lourdement l’offre de services aux étudiants, d’une part, et pour continuer à répondre aux besoins en constante évolution de la société québécoise, d’autre part.

C’est d’autant plus vrai que les cégeps sont des partenaires essentiels pour atteindre les objectifs que s’est lui-même fixés le gouvernement du Québec en matière d’innovation, d’adéquation formation-emploi, d’entrepreneuriat et d’immigration.

Je ne le répèterai jamais assez : les cégeps ne sont pas une dépense, mais bien un investissement pour le Québec qui, grâce aux cégeps, obtient le plus haut taux de diplômes postsecondaires au Canada chez les 18-24 ans. Un investissement collectif qui rapporte et dont on serait bien mal avisé de compromettre ou de se priver.

À lire dans le Journal de Québec : « Un cégep sur deux en déficit »

La contribution économique des cégeps et des centres collégiaux de transfert de technologie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>